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Cet été on devient végé (1/4)

Cet été on devient végé (1/4)

29 juin 2016

Estimation du temps de lecture: 9 minute(s)

C’est à 17 ans, sans que je puisse mettre le doigt sur un déclencheur en particulier, que j’ai décidé de devenir végétarienne. Un mois plus tard environ, j’étais végane. Majoritairement, les familles font ce choix pour 3 raisons, l’éthique, la santé et la sauvegarde de l’environnement. Pour ma part, je n’avais qu’une raison, l’éthique. Je ne voulais plus tuer.

Pour lire l’article sur les raisons de santé, c’est par ici et pour celui sur l'environnement, c'est ici .

L’élevage d’animaux est une grande source de souffrance pour ces derniers, alors qu’ils doivent passer leurs vies dans des enclos exigus, ils se retrouvent entassés dans le transport - certains n’y survivent pas - pour finalement être abattus dans la violence.

Il ne faut pas penser que l’abattage se fait dans la douceur et le respect (peut-on seulement tuer doucement?) ou qu’au Canada nous avons des normes pour les animaux. En 2015, Josée Masse, ex-inspectrice de la MAPAQ en entrevue avec la blogueuse Annick Blais a expliqué comment il était difficile pour elle de faire son travail en voyant la souffrance que nous causions aux animaux en les abattant. Elle nomme quelques exemples qui donnent froid dans le dos.

L’homme a toujours mangé de la viande

cochon en cage C’est une des choses que j’ai entendues le plus souvent. L’être humain a surtout toujours mangé ce qu’il était possible pour lui de manger, selon ses capacités, son climat et ses connaissances. La force de l’être humain est d’être en mesure de s’adapter à son milieu. Les groupes d’humains qui n’ont pas su s’adapter ont succombé, tout simplement. L’épicerie en soi n’est pas naturelle. Elle ne fait pas partie du cycle de la vie. Le distributeur non plus. La personne qui souhaiterait vivre selon ce que l’être humain a toujours fait aurait un sérieux mal de crâne. Si on prend un québécois d’origine européenne. Il doit manger comme en Europe ou comme les peuples des premières nations? Et de quelle époque? Est-ce qu’on se passe du frigo aussi? Le fait est, que nous occidentaux pouvons vivre, mieux même, sans produits animaux.

À cette étape-ci de notre société, il s’agit pour nous encore une fois de s’adapter. Alors qu’il est encore nécessaire dans plusieurs régions du monde, par leur emplacement, la situation politique ou le climat de manger ce qui est disponible devant nous, point, il est nécessaire pour une large partie de la population occidentale de revoir la façon que nous abordons la nourriture. Pour notre survie à nous aussi.

Les gastronomes s’indignent.

Mon fromage artisanal, j’y tiens! C’est d’ailleurs ce que je trouve le plus difficile. De ne pas pouvoir m’arrêter dans la petite boutique de fromage du coin. Et puis le fromage, ça ne tue pas la vache... Oui, être végan demande des sacrifices, ce n’est ni simple ni facile, mais les premiers pas sont les plus difficiles. Le fromage d’ailleurs provoque une réaction dans le cerveau qui crée une dépendance, normal de trouver difficile de se sevrer! Dans tous les cas, la question qui se pose ici est; est-il juste pour cet animal de souffrir et de mourir pour ce plaisir éphémère?

Est-ce que le fromage tue la vache? Éventuellement oui. La vie d’une vache laitière se résume à se faire inséminer de force, se faire enlever son veau dès qu’elle le met bas, se faire soutirer son lait et dès que sa production baisse se retrouver enceinte à nouveau. Le résultat? Elle devient si fatiguée de ses grossesses répétées qu’elle peine à rester debout sur ses 4 pattes alors au bout de 5 ou 6 années elle devient du steak haché.

Et ses veaux? Les mâles seront engraissés rapidement pour finir sur les tablettes de l’épicerie et les femelles seront gardées en vie le temps qu’elles deviennent assez âgées pour... tomber enceintes et suivre le chemin de leurs aïeules.

Pour les autres humains, se priver de viande constitue un geste éthique aussi. Pour produire 1 kilo de viande rouge, on doit faire pousser 10 kilos de céréales. 10 kilos qui auraient pu nourrir beaucoup plus d’êtres humains qu’un kilo de viande... Malheureusement, ce sont les sociétés les moins bien nantis qui font souvent pousser les céréales qui serviront à nourrir le bœuf occidental...

Au niveau de la pêche, le problème est criant. Les animaux sont tués par milliers sans aucun égard, ils ne peuvent crier, ils ne peuvent démontrer leur douleur autrement qu’en se tordant jusqu’à ce qu’ils soient asphyxiés.



Développer l’altruisme

Se questionner à savoir s’il est moralement acceptable de consommer des produits provenant des animaux peut nous amener à nous questionner sur la souffrance en général, ainsi que les actions à poser pour rendre notre monde plus juste et plus empathique. Il s’agit aussi d’apprendre à se priver soi, pour donner la liberté à d’autres êtres sensibles la possibilité de vivre. Ce sont des apprentissages que les enfants peuvent expérimenter à leur rythme et découvrir la satisfaction que cela nous apporte, même sans voir de résultat dans l’immédiat. Quand nous refusons de manger un plat contenant de la viande dans une réunion de famille, l’instant d’après une vache ne vient pas nous dire merci. Il faut étendre notre compréhension et notre empathie à un niveau supérieur à ce que nous avons sous les yeux.

Nous reconnecter à la nature, voir que nous faisons partie d’elle, autant qu’elle fait partie de nous et considérer tous les animaux avec un respect égal. Une vache est aussi sensible et fidèle qu’un chien. Un cochon est aussi affectueux qu’un chat. Les poissons ont autant droit à leur vie et leur liberté que les oiseaux qui chantent sous nos fenêtres.

Nous avons déjà fait socialement l’exercice avec l’esclavage, pourtant jugé nécessaire, comment faire rouler l’économie sans forcer une classe entière de la population à travailler sans frais? Nombreux étaient les détracteurs des opposants à l’esclavage. On a ri d’eux, on les a trouvé ridicules. Maintenant pourtant, personne n’oserait se déclarer pro esclavagiste.

Comme Luiz le suggère, protégeons les animaux, parce que nous les aimons debout et heureux.

Pour en connaître plus sur l’éthique, pour s’inspirer et découvrir.

Terriens

Un documentaire très dur à regarder. En français, avec la narration de Georges Laraque.



La face cachée de la viande

Un documentaire québécois, une excellente porte d’entrée qui peut se regarder en famille qui aborde tous les aspects. En français.



Je mange avec ma tête

Élise Désaulnier, édition Stanké Livre traitant du véganisme dans son ensemble, simplement. Facile à lire et à se procurer

Penser avant d'ouvrir la bouche, le blog d'Élise Désaulnier



Sans viande, toute notre sensibilité

Valery Giroux, spécialiste d'éthique animale, article dans le Devoir.



Plaidoyer pour les animaux

Matthieu Riccard, Allary Éditions, moine boudhiste, Matthieu Riccard traite des différents aspects de l'exploitation des animaux.



Voir son steak comme un animal mort

Martin Gibert, édition Lux



Dans le quotidien, une famille végane, ça ressemble à quoi?


Voici le témoignage de la famille Haurio-Provencher : Julia 35 ans, Solal 4 ans et demi, Romane 22 mois Les parents sont séparés et les enfants sont avec leur père 20% du temps.



Depuis quand êtes-vous végane?

2 ans. Mais végétarienne depuis 20 ans.

Pour quelles raisons avez-vous opté pour ce mode de vie?

Éthique animale principalement, mais les arguments concernant l’environnement et la santé ne font que conforter mon choix.

Comment avez-vous entrepris ce changement?

Avant d’être 100% végane, j’ai passé 3-4 ans à l’être de plus en plus

Comment ont réagi les enfants?

petit graçon qui mange végan J’étais enceinte de ma fille quand je suis devenue végane, donc elle n’a connu que ça et mon fils était encore petit. Le papa n’étant pas végane, donc Solal a été élevé avec les deux options et aujourd’hui je lui laisse faire son propre choix. Il veut manger ce qu’il veut y compris de la viande parfois à la garderie. Et s’il veut que je lui achète un croissant au café, je ne vais pas lui dire non. Par contre à la maison c’est 100% végane. Il a presque 5 ans, donc je lui explique pourquoi j’ai fait ce choix, mais ça ne semble pas l’interpeller tant que ça. Faut dire aussi que le papa (et presque tout le monde) mangeant de la viande, je pense qu’il a du mal à comprendre ce qu’il y a de mal à ça.

Quels trucs auriez-vous à partager avec les autres familles (pour la transition, pour garder le cap, des erreurs à éviter)?

Avant de se lancer, on peut se donner quelques semaines exploratoires, où l’on teste des recettes, on commence à se procurer de nouveaux ingrédients. Comme ça quand on se lance, on saura quoi manger et comment le faire. Quand on a de jeunes enfants, qu’on travaille...il nous faut des solutions rapides, des collations à avoir sous la main donc on se créé une liste de recettes, on achète quelques trucs à faire vite fait pour ne pas être pris au dépourvu. Aussi on s’abonne à un groupe FB comme la famille végé où l’on pourra demander de l’aide au besoin, partager des recettes. On suit des blogues pour trouver l’inspiration. Pour le sujet des enfants végé j’aime beaucoup celui-là : Enfants et bébés végétariens, végétaliens et véganes sinon pour les recettes il y en a plein. Je compile celle que j’aime sur mon Pinterest comme ça en cas de panne d’inspiration, je n’ai qu’à consulter mes tableaux.

Quand on va chez des amis, on apporte un plat et un dessert à partager. C’est une manière conviviale de faire respecter notre choix aux autres et avec un peu de chance, ils vont trouver ça délicieux et auront envie de manger plus végé

Quelles sont les recettes préférées de votre famille?

petit garçon qui mange vege Mac and cheese
Lasagne : je change souvent de recette, j’improvise. Pour aller plus vite j’utilise de la sauce toute prête. Des fois je mets du tofu émietté, des fois c’est de la béchamel végane, de la sauce à base de noix de cajou...(la dernière avec saucisse et fromage Gusta)
Sauté de nouilles asiatiques : là encore ça change et j’improvise. En général, je fais sauter des légumes (oignons, brocolis, champignons, poivrons) et du tofu. Puis je mets de la sauce soya et des nouilles Udon.
Lentilles brunes : super simple : je fais revenir oignons et carottes, puis j’ajoute les lentilles et les fais cuire à l’eau.
Dans l’assiette, il y a toujours des crudités, des légumes selon les goûts de chacun : de la betterave cuite, du poivron cru, de l’avocat pour Romane, du concombre....

Qu’elles sont les réactions ou les questions les plus fréquentes que vous avez à propos de votre véganisme?

Les enfants vont à la garderie et ne sont pas avec moi en tout temps et ce n’est pas toujours évident de faire respecter ce choix.

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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