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Cet été on devient végé (3/4)

Cet été on devient végé (3/4)

14 juillet 2016

Estimation du temps de lecture: 10 minute(s)

Dernier volet sur le véganisme, voici ce qui m’est apparu en dernier, l’aspect écologique. Très peu mentionné (quoique de plus en plus) dans les causes du désastre environnemental annoncé et entamé, l’élevage intensif est néfaste à un niveau souvent peu soupçonné.

Pour voir les 2 premiers volets sur le véganisme: la santé et l’éthique

deforestation

Produire de la viande est la pratique des plus polluante, plus que les transports. Il faut d’abord massivement déforester pour faire pousser des céréales, nécessaires pour engraisser les animaux d’élevage, avec une grande quantité d’eau. Puis, durant leur courte vie, cette quantité astronomique d’animaux par leur déjection, leurs flatulences pollueront l’air et l’eau, pour finalement prendre d’énormes camions pour l’abattoir et encore d’autres camions pour la boucherie et d’autres camions pour les points ventes.

Dans “Voir son steak comme un animal mort”, Martin Gilbert fait état d’une étude qui déclare que la production de CO2 pour un végan est de 2,89 kg par jour, alors que pour un grand mangeur de viande qui consomme plus de 100 gr par jour, elle est de 7,19 kg. Chez les modérés, qui mangent entre 50 et 100 gr elle est de 5,63 kg. En faisant rapidement le calcul, la majorité des gens autour de nous sont de grands mangeurs de viande… et souvent les premiers à pointer les avocats qui “polluent”.

L’eau

Produire de la viande demande beaucoup plus de ressources que de produire de la nourriture végétale. Il faut par exemple, 6 fois plus d’eau pour produire un kilo de boeuf que pour produire un kilo de soya et une fois et demi de plus pour produire l’équivalent en poulet.

Les élevages quand eux polluent les cours d’eau qui entourent les fermes, à cause du trop grand nombre d’animaux.

“Plus de 3 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhées causées essentiellement par les eaux contaminées et les germes pathogènes transmis par les aliments”
Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux, page 76

Gaz à effet de serre

Les vaches produisent du méthane, un gaz qui à court terme est plus inquiétant que le CO2 , puisque son effet “réchauffement” est plus fort. La quantité de méthane par vache n’est pas particulièrement inquiétante, mais comme elles sont nombreuses sur cette terre et que leur nombre ne cesse d’augmenter, le problème va devenir de plus en plus préoccupant.

Déforestation

Comme les animaux mangent plus que nous (beaucoup!), les champs créer pour les nourrir sont aussi une source problématique de destruction des habitats et de réduction de la biodiversité. La forêt amazonienne voit sa destruction s’intensifier et s’accélérer. Une des causes de la déforestation… ? L’élevage intensif!

Pour s’inspirer, comprendre et en apprendre plus les liens qui unissent la sauvegarde de l’environnement et le véganisme:

Cowspiracy

Un documentaire (malheureusement seulement en anglais) qui explique les conséquences environnementales de la consommation de produits animaux.



Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Les impacts de l'élevage sur l'environnement



Dans le quotidien, une famille végane, ça ressemble à quoi?

Voici le témoignage de la famille d’Anabel et de Hugues



Chez nous, mon homme, qui s'appelle Hugues, suit un régime végétalien depuis un an, alors que le reste de la famille mange végétalien depuis 6 mois. Le reste de la famille, c'est moi, Anabel, et trois fillettes de 7, 5 et 2 ans. ( Adèle, Nora et Juliette)

smoothie

Comme c'est moi qui cuisine le plus à la maison, j'ai éprouvé un peu de résistance les premiers temps à revoir ma façon de cuisiner. On était déjà végétarien à 85% ( mis à part un peu de poisson sauvage et du canard bio pour les grandes occasions), mais arrêter les produits laitiers, je résistais à l'idée. Puis petit à petit, j'ai perdu l'envie d'en manger. L'idée faisait son chemin. Entre-temps, je cuisinais des pizzas et des lasagnes sans fromage pour mon homme! Puis, je me suis renseignée sur l'impact des produits laitiers sur notre santé. Nous croyons beaucoup en la théorie d'Antoine Béchamp qui dit : le microbe n'est rien. C'est le terrain qui est tout. Et à la lueur de tout ce que j'ai appris, le choix santé s’est vite imposé!

Mais il y avait encore une mini résistance... C'est tellement bon le fromage fondu! J'ai alors visionné un vidéo vraiment intéressant qui parlait, entre autres, de l'éthique animale, et j'ai pleuré ma vie devant toute la torture infligée aux animaux. J'ai voulu fermer les yeux par moment tellement c'était insoutenable à regarder, mais je ne m'en suis pas donné le droit. Je voulais que mes yeux restent ouverts à jamais devant cette réalité facile à nier. C'est ce qui m'a fourni l'énergie nécessaire à me sevrer complètement de 34 ans d'alimentation que je qualifie aujourd'hui de néfaste, tant pour ma santé, que pour les animaux et la planète.

Après la santé, l'éthique animale est donc entrée en force dans notre processus d'opter pour une alimentation végétalienne, et une fois qu'on change notre angle de vue, qu'on ouvre les yeux, qu'on se conscientise, tout s'enchaîne! Même l'aspect écologique, qui joue un grand rôle dans nos valeurs, contribue à nous sentir bien dans le choix que nous avons fait de ne consommer que des aliments végétaux.

assiette de fruits

Avec les enfants, nous avons eu une discussion intéressante sur notre ancienne façon de se nourrir versus la nouvelle que nous voulions maintenant adopter. Nous avons expliqué aux enfants les conséquences de consommer de la viande ou des produits provenant des animaux, tant pour notre santé que pour le bien-être de ceux-ci.

On leur a demandé si elles trouvaient logique qu'on prenne le lait d'une vache qu'elle fabrique pour nourrir son bébé afin de le boire, nous? Sommes-nous des veaux? La réponse était non. Suivant la même non logique, on leur a demandé si elles seraient prêtes, par exemple, à boire du lait de zèbre ou de kangourou? Évidemment, la réponse était non!

J'ai alors amorcé une transition en douceur en espaçant ma fabrication de yogourt aux deux semaines, puis aux trois semaines, puis plus du tout. Même chose pour le fromage. J'ai une fille qui raffolait du fromage de chèvre au point d'en manger tous les matins sur son pain. J'ai simplement arrêté d'en acheter et l'ai orienté vers d'autres choses qu'elle aimait et l'habitude s'est perdue en douceur.

On s'est mis à faire des smoothies tous les matins! Banane, oranges fraîches, petits fruits congelés bio, ananas, cacao cru, graines de chanvre et de chia, feuilles de kale et hop au Vitamix!

On leur a aussi fait découvrir de nouveaux produits comme le faux-mage, le yogourt au soya, la crème glacée de noix de coco, de soya ou de cajous, la végénaise. Elles ont réalisé qu'on pouvait manger les mêmes choses qu'avant, mais en version végétalienne! Le goût change parfois un peu, mais on s'habitue vite!

Le plus grand défi, c'est de manger à l'extérieur de chez nous. On est privilégiés d'avoir des amis ouverts qui sont heureux de cuisiner végétaliens pour nous quand ils nous invitent! Autrement, ça me fait plaisir d'apporter notre repas et de faire découvrir aux gens qui nous entourent une façon différente de cuisiner, tout en restant gourmande.

J'ai même déjà apporté dans un thermos une sauce à spaghetti maison, cuisinée avec du tofu style viande hachée, à un souper spaghetti. La soirée servait à amasser des fonds pour réaliser le rêve d'une enfant malade et les filles voulaient vraiment y aller. J'ai apporté un petit pot de margarine pour manger avec le pain et des puddings de soya au chocolat pour le dessert. On a donc demandé nos assiettes de pâtes sans sauce et rendues au dessert, j'ai laissé le choix aux enfants entre le gâteau offert avec le repas ou les puddings que j'avais apporté. Je n'avais rien à perdre Les filles ont choisi les puddings!

Dans le cas d'une fête avec buffet froid, par exemple, je n'empêche pas les filles de manger quelques petites choses qu'on ne mange plus à la maison. Ce n'est pas facile pour un enfant de toujours garder le cap devant un bout de fromage ou un morceau de gâteau fait avec des œufs et du lait. La tentation est grande et on comprend! Avant de se rendre à l'évènement, on discute avec les filles des aliments qu'il risque d'y avoir à la fête et on donne quelques lignes directrices. Ok pour 4 morceaux de fromage, un petit morceau de gâteau et une cuillère de crème glacée, s'il y en a, mais pas de verre de lait, par contre!

On se rappelle ensemble pourquoi on a fait le choix de manger différemment de la majorité des gens et on s'amuse à dire: chez nous, on aime les animaux! mais pas dans notre assiette! Même que de plus en plus, je sens que les filles sont fières de ce choix.

vitamix rempli de fruits et legumes

Sur le plan des recettes, on adore la tartinade chocolat aux graines de citrouille et cacao crue de Jacynthe Renée! Pâté chinois aux lentilles, quiche de riz aux brocolis et chou-fleur sauce béchamel au lait d'amande, quiche de tofu aux oignons, pois chiches à l'indienne, hamburger de haricots rouges, végé-pâté! On mange de tout et on aime tout, tant que c'est végétal! Et le plus merveilleux, c'est que tout ce qu'on économise en n'achetant plus de lait, d'œufs, de fromages, de viande et de poissons nous permet d'acheter plus de produits issus de l'agriculture biologique! J'évalue que notre consommation de produits biologiques est passée de 40% à 85%.

Témoignage d’Adèle, 7 ans

Pourquoi êtes-vous végan?
Parce que c'est mieux de manger sans tuer les animaux.
Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de manger végan?
Ne pas faire mal aux animaux. Je les aime et je suis heureuse de ne pas les tuer.

Anecdote amusante à ce sujet. Adèle qui me raconte une conversation avec une camarade de classe au retour de l'école.
Adèle: Sais-tu ce qu'il y a dans ton sandwich?
La camarade: Ben oui, de la viande!
Adèle:Et sais-tu que la viande c'est un animal mort?
La camarade:Ouach!!!
La petite fille n'a pas fini son sandwich ce jour-là!

Ceci dit, elle m'a aussi rapporté que ses amis regardaient bizarrement ses sandwichs au végé-pâté!

Un point important qu'on a aussi discuté avec les enfants, c'est le non-jugement. Au début, dès qu'elles voyaient quelqu'un manger de la viande, elles faisaient les gros yeux et ne manquaient pas de le souligner. On leur rappelle alors qu'il n'y a pas si longtemps, on mangeait nous aussi de la viande, ou des produits provenant des animaux parce qu'on aimait ça, qu'on était mal renseigné, qu'on n'était pas conscient de certaine chose. Le végétalisme s'est installé dans nos vies suivant le rythme d'un cheminement qui nous est propre. C'est donc important de respecter et de ne pas juger ceux qui mangent différemment, tout comme on aime être respecté dans notre différence.

Dans la même ligne de pensée, nous préférons dire que nous suivons un régime végétalien à l'affirmation: je suis végan. Pour nous, l'emploi du je suis crée une identification à un groupe, les groupes créent la différence entre les gens, et la différence crée trop souvent la peur ou les jugements.

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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