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La non-rentrée

La non-rentrée

5 septembre 2016

Estimation du temps de lecture: 10 minute(s)

Pour plusieurs enfants du Québec, septembre rime avec la non-rentrée, soit la décision familiale de vivre la scolarisation à la maison. Mais qui sont ces hurluberlus? Avec les récentes manchettes des écoles juives et de l’école-maison, on lit les commentaires et l'on voit qu’ils sont peu connus. Des freaks! Des hippies! Des enfants sans avenir sans diplômes! Voilà ce que nous lisons dans les commentaires d’articles sur l’éducation à domicile. Sans diplôme? Mais voyons, pourquoi?

Comme tous les jeunes du Québec, les enfants scolarisés à la maison peuvent obtenir leur diplôme d’études secondaires, poursuivre vers des études supérieures, faire un cours professionnel, bref, choisir la voie qui leur semble appropriée pour intégrer le marché du travail.

Combien sont-ils d’enfants à rester ainsi à la maison alors que les autres prennent le chemin de l’école?

Impossible d’avoir des chiffres exacts, puisque de nombreuses familles choisissent l'anonymat face à la commission scolaire. Vous vous demandez pourquoi? Alors que certaines commissions scolaires sont prêtes à fournir des services et du soutien aux familles, d’autres se bornent à les menacer d’envoyer la DPJ si les parents ne suivent pas à la lettre leurs commandements.

Notre plus grosse difficulté fut la visite de la DPJ!

Je termine mes études en éducation spécialisée et donc depuis longtemps j'écris tout. J'ai donc pu démontrer à la DPJ que nous assumions parfaitement notre rôle de parents.

Le dossier fut fermé en trois semaines... mais trois semaines stressantes qui nous ont apportées des émotions qui n’étaient pas nécessaires!

Une mère-éducatrice

Pourquoi faire “l’école à la maison”?

garçon avec un ballon

Plusieurs raisons sont invoquées par les parents et elles tournent habituellement autour de 3 pôles: L’enfant lui-même, soit pour accompagner un enfant qui présente des difficultés ou au contraire est particulièrement doué (ou les deux!). Aussi, certains parents déplorent le climat de l’école ou de la classe dans laquelle l’enfant était et choisissent de le faire évoluer dans un autre milieu. Plus simplement aussi, des parents choisissent de laisser l’enfant évoluer à son rythme ou décident de lui laisser plus de temps pour mettre à bien ses talents et ses passions.

Mon fils qui était médicamenté ne l'est plus. Il fait des cours de taekwondo et de natation. Il adore la nouveauté et les gens, alors que selon l'école il doit avoir ses médicaments pour fonctionner.

Annie, mère éducatrice

Pourquoi avoir choisi l'école-maison? Tout simplement pour sauver mon fils de 8 ans qui est un élève “multidys” et qui n'a rien reçu pour venir en aide à ses troubles d'apprentissages très bien diagnostiqués.

Pour sortir notre fils de ce gouffre sans fond où il a été propulsé.

Pour retrouver mon enfant qui, avant l'entrée en maternelle, n'avait pas de trouble autre que TDAH et des hypothèses de troubles d’apprentissages puisque dans la famille c'est monnaie courante.

Pour retrouver notre enfant chez qui l'anxiété de performance et phobie spécifique scolaire se sont mise de la partie. Il ne dormait plus, ne mangeait plus, ne parlait plus surtout pas de l'école, ne vivait plus de joie, ne pleurait plus, son comportement était de plus en plus étrange. L'école sans arrêt nous disait c'est lui le problème dans le groupe: il ne sait pas jouer avec les autres.

Depuis le retrait de l’école, notre fils respire la vie, son sourire est de retour, il a retrouvé une partie de sa confiance en soi et de son estime de soi. Il s'est fait de nouveaux amis facilement cet été, il vient en aide aux autres, ils nous parle et répond même de manière très mature aux spécialistes l'ayant vue dans le fond du baril. Ceux qui nous disaient: “il doit aller à l'école, il doit socialiser” maintenant nous félicitent pour ce retrait.

Une mère-éducatrice

En deuxième lieu, les valeurs familiales. Certaines familles ont l’impression que le système scolaire ne répond pas aux valeurs fondamentales qu’ils souhaitent inculquer à leurs enfants. Il peut bien entendu s’agir de valeurs religieuses, mais beaucoup de familles font ce choix parce que, par exemple, elles croient important que les enfants vivent dans un cadre qui respecte leurs développements ou leur liberté.

Ici j'ai deux enfants: mon fils (9 ans) qui a été à l'école jusqu'en 2e année et ma fille (6 ans) qui n'y est jamais allée. Le unschooling m'a toujours appelée, mais avec un fils qui a un trouble d'opposition, j'avais l'impression que ça serait impossible. Après quelques mois à forcer les choses pour qu'il "fasse l'école", j'ai réalisé que c'était absurde et j'ai laissé les enfants diriger leur horaire et leurs apprentissages.

Ils apprennent à leur rythme, sans discrimination pour ce qui est "scolaire" ou pas. Ils sont passionnés par les arts, les insectes, les oiseaux, les histoires, les figurines d'animaux. Ils ont développé une complicité incroyable! Bien sûr, ça demeure un défi, mais le bonheur de vivre au quotidien avec eux compense largement pour les difficultés.

Isabelle, mère éducatrice

famille en voyage Finalement, le projet familial. Tout quitter pour partir en voyage? Voilà une option qui semble intéresser de plus en plus de gens. Avec internet, nombreux emplois peuvent se faire en tout lieu et en tout temps et il devient possible de vivre sur la route, même avec des enfants. Sans absolument tout quitter, de nombreuses familles placent le voyage au centre de leur vie et optent pour l’école-maison afin de faciliter l’organisation. Les parents avec des horaires de travail atypique, mais qui souhaitent passer un maximum de temps en famille font aussi partie de cette catégorie.

J'ai retiré mon enfant quand il a eu sa 2e année complétée . J'avais le sentiment qu'il s'éloignait. Il n'y avait que très rarement de beau moment entre nous. Son comportement était difficile à gérer et je recevais des messages, des lettres, des appels, d'enseignants même du chauffeur d’autobus parce qu'il n'écoutait pas, qu’il était trop clown.

J'ai dit “stop”! et je l'ai gardé à la maison après m'être bien renseignée sur l'école à la maison. J'aimais de plus en plus avant d'avoir commencé. On a fini une année entière et on continue. Ça n'a pas été facile, mais ça nous a rapprochés beaucoup. Rares sont les matins où je le réveille, le sommeil c'est important! Nous invitons davantage d'amis à la maison et l'autonomie est plus présente par exemple il m'a demandé de lui apprendre à faire des œufs le matin et maintenant il fait ceux de toute la famille de A à Z. Il prépare sa vaisselle jusqu'au service à la table.

Ma deuxième veut faire l'école à la maison elle aussi. Mon fils lui a fait peur avec l'école sans avouer à sa mère qu'il veut rester avec elle. Il s'ennuie des récréations, mais souvent je l'ai surpris à vanter son école à d'autres enfants. Je suis mieux préparée pour la prochaine année et encore plus confiante d'être plus simple, mais efficace dans mon enseignement. Le plus difficile c'est de tenir les plus jeunes loin du plus vieux. Il a besoin de silence, car il se distrait facilement. Aussi, je dois imposer fermement au plus vieux le moment de l'école, car il remet toujours à plus tard. Je ne me décourage pas, car la deuxième est loin d'être comme ça!

Karine, mère éducatrice

Comment s’organise-t-on?

On ne s’organise pas, on se désorganise! Ce qui est difficile pour la majorité des parents, c’est franchir le premier pas, passer par dessus notre rigidité, nos peurs et l’idée que la société se fait de ce qui est nécessaire pour les enfants.

Ensuite la famille choisit le chemin approprié pour assurer aux enfants la possibilité de suivre leur rythme et d’apprendre dans un environnement stimulant.

L'instruction en famille s'est présentée à nous comme une évidence autant pour moi que pour mon aîné. L'évidence est venue un peu plus tard pour le papa, mais il est maintenant convaincu lui aussi (il a fallu qu'il le voie pour le croire. Et il a bien vu que c'est ce qui nous convient).

Dès l'âge de 3 ans, mon fils me disait avec détermination qu'il ne voulait JAMAIS aller à l'école publique. Je ne sais pas comment il a fait pour comprendre tout le caractère contraignant de l'école publique uniquement en regardant les enfants s'y rendre et en accompagnant son papa au travail (il travaillait à l'époque en milieu scolaire). Toujours est-il qu'il arrivait au même constat que moi.

Je ne voulais pas voir sa soif de savoir s'éteindre, je ne voulais pas le limiter à « apprendre » uniquement ce qui est inscrit dans le même programme pour tous du MELS, je ne voulais pas qu'il soit évalué, comparé, jugé en fonction des réponses qu'il écrirait à un moment X de sa vie, comme si cela prouvait réellement quelque chose. Nous nous sommes donc lancés! Lecture par dessus lecture passionnante!

Nous sommes devenus membres de l'AQED. Nous avons échangé avec d'autres familles à travers les médias sociaux et je dois dire que sans ceux-ci, je n'aurais jamais été aussi bien outillée pour mettre notre projet en action. Nous entamons notre 4e année d'instruction en famille et toute la famille aime ce mode de vie. Mes enfants ADORENT leur liberté.

Julie, mère éducatrice

Qu’est-ce qu’un parent doit avoir pour faire l’école à la maison?

adulte seul et fond avec etoiles En terme de diplôme et de formation? Rien de particulier. J’entends déjà les Monsieurs et Madames Commentaires se révolter; respirer, vous allez voir, ça va bien aller.

Il faut comme parent être autonome. Tous les parents s’entendent pour dire qu’il faut lire, fouiller, questionner. Personne ne vous fournit un plan tout fait, personne pour vous tenir par la main.

On doit aller chercher un réseau, virtuel et physique. Pour que les enfants puissent rencontrer leur semblable et pour que les parents puissent discuter de leur réalité.

L’AQED est un important acteur sur la scène de l’éducation au Québec. Elle représente la communauté des familles québécoises vivant l’éducation hors institution.

L’AQED est près de ses membres. Toute l’organisation tient de leur implication bénévole. Il s’agit d’une association par les membres pour les membres. Elle offre divers services, allant du réseautage de proximité au soutien légal d’un avocat.

Choisir l’AQED c’est faire partie d’une communauté de plus de 300 familles membre, se sentir moins isolé et bénéficier d’un soutien personnalisé en cas de besoin. De plus, les membres ont l’occasion de se rassembler lors du Symposium annuel et reçoivent le Portfolio, journal participatif interne de l’association.

Pour plus d’informations ou rejoindre la communauté, consultez le site web et le groupe Facebook de l’Association Québécoise pour l’Éducation à Domicile.

aqed.qc.ca

Page Facebook de l'AQED

Et il faut user des avantages d’être à la maison. Soit, avoir du temps. Du temps pour changer d’idée, se questionner. Du temps pour observer son enfant et mettre en pratique tout ce que nous connaissons de lui dans sa façon d’apprendre et d’explorer le monde.

Finalement, les parents doivent célébrer de partager ce temps avec leurs enfants, ce temps à les accompagner et à vivre avec eux.

L’école à la maison c’est…

avoir le pouvoir de faire une différence dans la vie de mes enfants en leur permettant de vivre autre chose.

Annie

écouter la petite voix intérieure qui vous dit: “il faut l'aider! il faut le remettre sur ses pieds!”. Je suis capable, après tout, je le connais comme le fond de ma poche, c'est moi qui l'ai tricoté durant 9 mois!

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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