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Naissance de Nina

Naissance de Nina

24 décembre 2010

Estimation du temps de lecture: 9 minute(s)

 

3 novembre 2010; 6h00 (Matin de mes 41 semaines et 4 jours)

Ce matin-là, je me suis fait réveiller par une contraction. Rien de super douloureux, mais définitivement plus fort que d’habitude. Je me rendors pour me faire réveiller de nouveau 10 minutes plus tard. Oh ! Est-ce que ce serait la journée, enfin ? Cette fois-ci, je reste éveillée et je me mets à l’écoute de mon corps. Une troisième ! Youpi ! Je deviens alors convaincue que la grande rencontre aura lieu aujourd’hui !

Trop énervée pour me rendormir, je me lève et me prépare à déjeuner. Je guette les contractions. Après environ une demi-heure, je vais réveiller Simon pour lui dire que c’est pour aujourd’hui !

Il se lève, énervé lui aussi, et commence à s’affairer dans la maison. Environ une heure et demie plus tard, Lily se réveille et je lui annonce que le bébé arrivera aujourd’hui. Elle se tortille de joie dans le lit et dit : « Papa ne va pas travailler ? »

Comme je suis clairement en phase de latence, on se demande si Simon ira travailler ou non. Il décide finalement de rester à la maison. Je prends du temps pour moi; je prends un bain. J’ai l’impression que les contractions diminuent, s’éloignent. Déception. Je ressens une grande fatigue et vais me coucher au moins deux heures. Les contractions ont pratiquement cessé.

À mon lever, elles reprennent tranquillement. Toutes les 20 minutes. Puis 15 minutes. Puis 17 minutes. Vers la fin de l’après-midi, je sens enfin que les contractions se rapprochent enfin. Cela a-t-il à voir avec le fait que le changement de garde de mes sages-femmes s’effectue à 17h00 et que le courant ne passe vraiment pas avec la sage-femme actuellement de garde ? J’ai bien l’impression que ce n’est pas une coïncidence.

À 17h00, j’appelle ma mère (qui habite à 1h15 de route de chez moi) pour lui dire qu’elle peut venir. Elle a comme mission de veiller sur Lily pendant mon accouchement. Elle doit arrêter manger et partira ensuite. Elle me dit ne pas être certaine de coucher à la maison si jamais j’accouche vers 20h ou 21h. Je la trouve très optimiste !

À 17h30, j’appelle ma sage-femme pour la première fois. Elle ne semble pas trouver l’accouchement imminent et me dit de la rappeler s’il y a du changement.

Rapidement, les contractions se rapprochent et je sens le besoin de m’isoler dans ma chambre. Je suis à quatre pattes, appuyée sur mon ballon, et je prends les contractions en roulant dessus. Simon installe les chandelles, finit les préparatifs et s’occupe de Lily. Je commence à faire des sons graves durant mes contractions. Simon vient me flatter le dos. Il me dit combien de temps de pause j’ai avant la prochaine, mais ce temps diminue toujours !

Lily s’amuse avec ma mère, qui est arrivée vers 18h45. À 19h15, je demande à Simon de rappeler ma sage-femme. Elle m’entend en bruit de fond et dit qu’elle s’en vient, qu’elle en a pour 45 minutes.   

Pendant ce temps, je commence à trouver mes contractions très douloureuses, même si elles se gèrent encore bien. J’ai peur de ne pas être énormément dilatée quand je pense à mon premier accouchement qui avait été si long. Qu’est-ce que je vais faire si je ne suis qu’à trois ou quatre centimètres ?

Ma sage-femme et l’étudiante arrivent vers 20h00. À me voir, les appels à la deuxième sage-femme et à l’aide-natale sont tout de suite faits. On me propose un examen et j’accepte. Je suis à huit centimètres ! Wow !

À partir de là, tout se succède très rapidement. Lily vient nous rejoindre dans la chambre. Elle me met des débarbouillettes d’eau froide dans le dos et le cou. La douleur s’intensifie, si cela est encore possible.

Ma poche des eaux finit par crever. Ça coule ! C’est chaud ! Je suis surprise par le liquide, qui coule ensuite sans arrêt et que je trouve agréable. Cela rend la naissance beaucoup plus mouillée que je ne l’avais imaginée, moi qui ai accouché de Lily dans l’eau.

Un moment donné, je n’en peux plus ! Je veux me coucher. Je veux dormir. Je me couche sur le dos. Erreur ! Les deux pires contractions de ma vie ! Vite, vite, je retourne à ma position !

Je décide d’aller faire pipi. Le trajet est laborieux jusqu’aux toilettes. Je reviens de peine et de misère à mon endroit initial. J’ai chaud ! Lily commence à être fatiguée et réclame du lait. Je lui explique que je ne peux pas tout de suite. Elle est assise sur son papa et elle est très patiente. Elle demande, mais ne crise pas. Elle semble comprendre que je ne suis pas disponible pour le moment. Éventuellement, elle vient s’installer sur le lit face à moi, à plat ventre, pour bien voir ce qui se passe.

Tranquillement, je commence à ressentir une pression. Je commence à pousser un peu. Puis, de plus en plus fort, ça me soulage. Je suis à quatre pattes et je pousse fort et bien, mais rien ne semble se passer. Ma sage-femme se rend compte que le bras de ma cocotte lui passe par-dessus la tête et qu’elle a la main dans le front, ce qui ralentit la poussée et la rend moins efficace.

Ma sage-femme me dit d’aller toucher, qu’on sent la tête de mon bébé. Je trouve ça étrange, je ne sens que des plis de peau.

Soudainement, ma deuxième sage-femme arrive et me soulève les bras en me disant de m’appuyer sur elle. On me suggère aussi de mettre un pied par terre pour laisser plus de place à mon bébé qui arrive. Je suis donc à demi appuyée sur ma sage-femme et à demi appuyée sur Simon, qui me soutient avec sa main (ma main et mon poids reposent sur sa main).

Je sens la tête qui couronne. Je mets ma main dessus. On me suggère d’attendre la prochaine contraction pour continuer la poussée. Elle arrive et la tête nait, toujours dans ma main. Je sens tout, tellement bien. J’ai l’impression de sentir chaque détail du visage lors de la naissance de la tête. Je me prépare à la venue du corps, qui sera pour la contraction suivante. Ça y est, mon bébé arrive, je l’accueille et le ramène tout près de moi ! J’ai réussi ! J’ai donné naissance à mon deuxième enfant ! Je me sens bien avec cette petite boule chaude et mouillée sur mon ventre ! Il est exactement 21h20. Lily s’est bien penchée pour voir arriver sa petite sœur.

On découvre le sexe en famille : une autre belle pupuce. Une petite sœur pour Lily. Tranquillement, elle commence à chercher le sein. Je la guide et elle commence à téter, une vraie championne !

IMG_3988 - Mod Lily, qui réclamait du lait depuis un moment maintenant, vient rejoindre sa petite sœur et les deux partagent la première tétée. Quel beau moment, quel beau souvenir !

On laisse le cordon cesser de battre avant d’envisager de le couper; une bonne vingtaine de minutes. Mon placenta n’est toujours pas sorti. Je sens mes SF devenir un peu nerveuses, alors que moi, je sens que tout va bien. Finalement, elles « aident » un peu sa sortie, ce qui m’a dérangée, mais que j’ai accepté quand même, puisqu’elles semblaient vraiment mal à l’aise. Il est sorti après 25 minutes, alors que ça avait pris 35 minutes à la naissance Lily. Je crois que mon corps met simplement plus longtemps que la moyenne à expulser le placenta.

On l’examine; il est beau, aucune trace de calcification. En meilleur état encore que celui de Lily, qui, pourtant, est née à 39 semaines et 4 jours.

Une bonne heure et demie passe, cocotte est toujours au sein. Elle finit par le lâcher. Simon la prend en peau à peau et les soins du bébé sont faits. Je vais aux toilettes et prépare Lily pour la nuit, qui est brûlée et ne tolère personne d’autre que moi. Je l’allaite dans le lit et elle s’endort en deux minutes. Je me relève pour aller rejoindre Simon et cocotte.

Il est minuit, tout le monde est parti. On se prépare à se coucher. Quelle belle journée qui finit en beauté !

Après trois jours d’hésitation, nous fixons finalement notre choix sur le prénom Nina. Nina, quatre lettres, comme Lily. Deux syllabes commençant par la même lettre. Et, est-ce un hasard ? Nous nous rendons compte que la date d’anniversaire de ce prénom est le 14 janvier… la date de naissance de Lily !

Bienvenue sur Terre petite Nina !

***

Avec du recul, je peux dire que je n’ai pas du tout apprécié la pression pour accoucher avant les fameuses 42 semaines. J’ai résisté et je n’ai finalement rien fait pour provoquer la naissance de Nina, qui est arrivée quand bon lui semblait. Elle était si petite à la naissance qu’il était évident qu’elle avait besoin de ces précieuses journées supplémentaires dans mon bedon. Si jamais j’ai à revivre cette situation, je souhaite me faire plus confiance et ne pas douter de moi ni de mon bébé. Je savais, en mon fort intérieur, que mon bébé était bien et que rien ne pressait de provoquer la naissance.

Cette grossesse et cet accouchement m’auront appris une chose primordiale : mon corps sait et il serait sage que j’apprenne à l’écouter !

Cynthia Roy
Simon, ingénieur, Cynthia, maman à la maison, Lily, petite fille pleine de vie de 2 ans et demie et bébé en formation, dont la naissance est prévue aux alentours du 23 octobre. Nous mordons dans la vie et essayons de grandir ensemble à chaque occasion qui nous est donnée. 

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