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L’école à la maison, vraiment ?

L’école à la maison, vraiment ?

4 août 2014

Estimation du temps de lecture: 5 minute(s)

Il était pourtant clair que nous nous dirigions vers cette décision. Pourtant à l’époque, je ne l’avais pas vu venir, mêmes que j’avais très peu de connaissances sur le sujet.

Après avoir passé par toute sorte de décisions alternatives telle que l’accouchement à la maison, l’allaitement prolongé, le cododo, le végétalisme, les sacs de tissu pour l’épicerie trois ans avant le reste du monde. Je croyais bien être sauf, plus rien ne pouvait me faire peur.

Ce fameux sujet de l’éducation de nos enfants

Quand notre plus vieille a atteint quatre ans, nous avons débuté la discussion de la rentrée scolaire. Où ira-t-elle ? Nous avions déjà parlé d’écoles alternatives et du fait que les parents sont impliqués, que les apprentissages se font par projets. Excellent, va pour l’école alternative, problème résolu passons aux prochains.

Mais qu’arrivera-t-il si elle n’est pas sélectionnée ?

Un peu plus tard arrive un doute soudain, mais que fera-t-on si jamais elle n’est pas sélectionnée? L’école alternative n’était pas sur notre territoire et donc les enfants de ce quartier passaient en premier. Est-ce que l’école de notre quartier est si pire, oui, mais bon c’est la vie non ?

Et si l'on faisait l’école à la maison dit-elle ?

Je ne sais pas pour vous, mais nous, de nous deux c’est elle qui a toutes ces “idées” alternatives...

Ouf, non ! C’est drôle, mais je suis moins certain de celle-là. Avons-nous d’autres options ? Nous avons évalué le fait de déménager à plusieurs endroits, mais c’était compliqué.

Devant du nouveau ou de l’inconnu en premier lieu nous avons des objections.

  • Ça fera des enfants antisociales ou isolées avec peu d’habilité de groupe.
  • Avez-vous vraiment les connaissances pour éduquer vos enfants ?
  • Le classique, est-ce que c’est légal ?

Évidemment, en tant que grand expert de l’éducation à domicile à l’époque, j’avais ces objections. Sans même avoir lu ou recherché sur le sujet, je partais assez négativement. Encore une fois, je ne sais pas pour vous, mais moi celle qui a l’idée doit être celle qui est la plus informée. J’ai laissé ma douce le temps de se documenter et je voulais des résultats.

Je voulais des statistiques, je voulais des preuves de réussites, je voulais parler avec des enfants qui on fait ça. Puis, un dimanche soir à Tout le monde en parle, Léandre Bergeron qui est venu parler de son dernier livre, la discussion a abouti sur l’éducation à domicile, c’était très intéressant, mais cette décision est loin d’être finale.

Cette décision a un impact direct sur l’avenir de mes enfants

Clairement, ça ne peut pas être pris à la légère. Avec les difficultés économiques de nos jours, il est important pour mes enfants d’avoir un avenir avec toutes les possibilités ouvertes. Est-ce que le fait de ne pas aller à l’école pourrait leur nuire de quelconque façon que ce soit.

Rien de mieux qu’une conférence pour découvrir sur un sujet. Nous sommes donc allés au symposium de l’AQED. La première conférence portait sur l’aspect légal. Ceci a fait tomber mon objection. Je vous conseille fortement d’assister à cette conférence si vous êtes en processus de décision pour l’éducation de vos enfants.

Après le symposium, j’étais beaucoup plus à l’aise avec le sujet, j’avais même un semblant de confiance. Ceci pourrait peut-être fonctionner. J’étais encore très sceptique, mais mes objections s’étaient transformées.

  • Est-ce que le fait d’être enfermé entre quatre murs durant six heures de temps est la seule façon d’apprendre ?
  • Ma fille aime tellement bouger, est-ce qu’a cinq ans il faut tout arrêter et rester assis des journées entières ?
  • Est-ce que le fait de découvrir et d’apprendre sur la vie à une valeur si c’est fait de façon réelle, de façon palpable sans être nécessairement dans un livre ?

Puis vient le temps d’annoncer cette idée aux familles. Je ne me préoccupe pas de ce que les autres pensent, mais la famille est plus difficile à ignorer. Après quelques réactions “normales” et quelques points débattus de notre part, ils ont quand même bien pris ça. La situation du système scolaire actuel a certainement aidé un peu…

Tout ceci est bien intéressant, mais il reste la question de la socialisation

Juste une parenthèse sur le sujet, je travaille de la maison et si je vois mes filles deux fois dans une semaine c’est qu’elles ont eu une semaine tranquille. L’école à la maison ne veut pas dire rester à la maison littéralement.

En joignant un groupe de soutien, vous aurez la chance de rencontrer des familles qui font elles aussi l’éducation à domicile. Les enfants pourront tisser des liens. Nous étions privilégiés d’être dans une région avec un groupe de soutien très actif et avec beaucoup de familles.

Nous (je, puisque Caroline était déjà vendue à son idée depuis longtemps) commencions à pencher vers le "bon on l’essai". J’avais plusieurs doutes qui revenaient environ chaque trois jours environ. Puis une petite routine s’installe. On se trouve des trucs, on voit des progrès, ha ben mon enfant à appris des choses.

Était-ce si surprenant. Nos enfants n’ont pas été à la garderie et nous avons pris le temps de leur apprendre les trucs de base (marcher, parler, compter, etc.).

Il est vrai que les parents doivent s’impliquer, ce n’est pas facile, ça demande des efforts. Trouver des activités, des programmes qui intéresseront vos enfants, réapprendre avant d’aborder certains sujets.

Nous allons débuter notre cinquième année, et je ne regrette pas cette décision qui à l’époque semblait être une des plus critiques que j’ai eu à prendre dans ma vie, puisque l’impact était sur mes enfants et non sur moi.

Dominic St-Pierre
Développeur-entrepreneur opérant mon entreprise de la maison pour être présent pour mes enfants au maximum. Je m'occupe de tout l'aspect technique de Parentzie.com.

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