Le temps des fêtes et le respect du bébé et du jeune enfant
23 novembre 2010
Le temps des fêtes est très souvent synonyme de réjouissances… mais pour qui ? Bien sûr, on en profite pour voir la famille qu’on n’a pas vue depuis longtemps, on magasine, on soupe avec des amis ! Malheureusement, nous ne prenons pas toujours la peine de réfléchir à la façon dont ce temps de l’année peut être vécu par le bébé et le jeune enfant…
Dès début décembre, des centaines de gros bonhommes habillés en rouge et portant une fausse barbe blanche envahissent les centres d’achat du Québec. Bébé a à peine quelques mois, mais ce serait tellement beau d’avoir une photo avec le Père-Noël… On fait donc la file et on rencontre le fameux personnage. Bébé hurle, il a peur…mais on insiste et on prend la photo. Ça fera un tellement beau souvenir…vraiment ?
Arrive le temps des soupers de famille. Une invitation n’attend pas l’autre. Bébé est surstimulé. Il se tient parfois même deux repas dans la même journée. L’horaire de l’enfant est tout chamboulé, mais bon, c’est important, n’est-ce pas, d’assister à tous ces événements !
Et que dire du déroulement des réunions… bébé devient trop souvent une propriété publique ! On s’approche à deux centimètres de lui en faisant de drôles de bruits, affichant une expression faciale bizarre. On lui met les mains dans le visage. Bébé s’agrippe à ses parents, on le traite alors de sauvage. Par miracle, l’enfant réussit à se calmer et se met à jouer un peu par terre. Un adulte bienveillant arrive par derrière et le prend sans demander, ni au parent ni à l’enfant, si c’est correct. Et bizarrement, on se surprend que l’enfant se remette à pleurer ! Imaginez-vous, tranquillement assis à votre ordinateur, concentré sur votre écran quand, soudainement, un géant vous empoigne par le dessous des bras et vous soulève de terre. Je ne serais personnellement pas très rassurée…
Ouf, la fin est proche. On se prépare à partir. Lorsqu’on est prêt, c’est l’assaut des bisous qui débute. Pour les jeunes bébés, on ne se pose même pas de question et vlan ! Un bisou ! En face du jeune enfant qui commence à protester, on fait fi de son refus et re-vlan ! Un autre bisou ! C’est tout comme si le bébé et le jeune enfant n’avaient pas le droit de refuser un acte aussi intime ! On ne demande pas son avis, on lui en donne un, point à la ligne. Ma fille déteste les bisous. Elle le dit à tout le monde, elle refuse tous les bisous et encore là… il se trouve toujours quelqu’un pour lui en donner un contre son gré ! (Oh ! Excuse-moi, j’avais oublié…)
Le plus malheureux dans tout ça, c’est qu’on blâme trop souvent l’enfant pour son humeur exécrable. On ne remet que très rarement en question la pertinence des nombreux soupers et réunions auxquels nous sommes conviés.
Je crois qu’en temps que parent, il est de notre devoir de protéger notre enfant le plus possible contre les manques de respect de l’intégrité de notre enfant qui, plus souvent qu’autrement, surviennent dans ces situations. Il serait peut-être judicieux de choisir avec parcimonie les événements auxquels nous désirons réellement participer. Il sera toujours temps de se reprendre les années suivantes et, surtout, rien n’empêche de visiter les amis et la famille tout au long de l’année. En plus de choisir judicieusement les réunions auxquelles on désire assister, je crois aussi qu’on se doit de protéger notre enfant une fois sur place. Mettre bébé dans le porte-bébé est à mon avis une très bonne solution. Finalement, on doit s’assurer que l’expérience de l’enfant s’avère positive, au risque de « revirer de bord » certaines personnes, certainement pas mal intentionnées, mais de toute évidence trop envahissantes pour ce que votre bébé peut supporter.
Sur ce, je vous souhaite un très joyeux temps des fêtes ! Profitez-en pour passer du temps de qualité avec votre famille rapprochée, on s’oublie malheureusement trop souvent.
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2.
Catherine Lemire le 23 décembre 2011 à 01:58
Andrée-Anne, ayez confiance en vous, vous apprendrez comme toutes les nouvelles mamans! Quand mes enfants étaient bébés, je n'allaient qu'aux endroits qui adaptaient l'horaire des fêtes en fonction de l'horaire des enfants. Sinon, je restais à la maison. Lorsqu'ils pleuraient, je ne me suis jamais gêné pour reprendre mon enfant. Je simulais souvent l'allaitement (seule maman peut s'en occuper!) et je m'isolais dans une pièce sombre avec mon bébé pour le bercer et le calmer. Maintenant qu'ils ont 2 1/2 ans et 4 ans, nous avons un code : ils se cachent derrière moi et me disent : zone protégée, Maman. Dans ce temps-là, je sais qu'ils demandent mon intervention.
Bonne chance mais, surtout, faites vous confiance! À vous et à votre bébé. En l'écoutant, vous savez lorsqu'il en a trop. Il vous le dit.
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Votre article est très intéressant et m'a fait réfléchir énormément. Je suis une future maman et déjà, on nous réclame dans toutes les fêtes de famille pour voir la grosse bedaine, on me la touche sans me le demander... et le pire, c'est que je suis incapable de dire NON! Ainsi, j'ai bien peur que lorsque l'enfant sera né, j'aurai de la difficulté à m'affirmer et expliquer mon point de vue concernant le respect du bébé. J'aurais aimé connaître des moyens originaux (autre que le porte-bébé, qui est toutefois une bonne alternative)pour faire comprendre à la famille que le bébé n'est pas une poupée et qu'il a des besoins ainsi que sa propre personnalité. Merci pour la réflexion que votre article a pu m'apporter.
Andrée-Anne