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Entrevue avec Pascale Langlois

Entrevue avec Pascale Langlois

15 août 2011

Estimation du temps de lecture: 4 minute(s)

 

Pascale Langlois est une jeune mère de la Montérégie. Une des premières qui donnera naissance dans cette région a son enfant avec un suivi sage-femme. Des détails administratif l’empèche de choisir la maison comme lieux de naissance pour son enfant.

J'ai accouché à la maison en 2007 dans les même conditions que toi, la maison de naissance du Boisé à Blainville n'était pas construite, nous avions le choix entre l'hôpital et la maison. Comme la majorité des familles à ce moment, j'ai choisi la maison et ma fille est venue au monde chez moi. Pourquoi ce n'est pas possible pour les familles de la Montérégie?

En fait, c'est possible. Mais seulement pour les résidentes du CSSS Haut-Richelieu-Rouville, celui de l'hôpital affilié à la maison de naissances en processus d'ouverture. Et ce, même si on respecte la règlementation qui demande seulement une distance raisonnable. Dans les Laurentides, ils avaient décidé de rendre le plus de services possibles à un maximum de gens en attendant l'ouverture du lieu physique de la maison de naissances. Ici, parce que les médecins des autres hôpitaux ont décidé qu'ils refuseraient les transferts des accouchements à domicile tant qu'il n'y aurait pas d'entente régionale, l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie a décidé de restreindre le territoire.

Est-ce que les sages-femmes sont prêtes à accueillir à la maison ces 14 bébés à naître?

Absolument! C'est ce qui était prévu pour moi et 13 autres couples. Les sages-femmes entrent officiellement en fonction en septembre. Le Mouvement maison de naissances en Montérégie y travaille depuis 8 ans! Ce service est très attendu.

Ta page facebook a gagné des centaines de membres en quelques jours, tu as des entrevues à la radio, es-tu surprise de la popularité de ton combat?

C'est sûr que c'est ce que je souhaitais, mais je ne croyais pas que ça arriverait aussi vite. J'avais peur qu'on me dise que ce n'est que mon problème et que je fais des caprices. Mais les gens ont bien compris que je le fais pour tous les parents du Québec qui souhaitent avoir le choix. Que les institutions ne devraient pas nous imposer le lieu de naissance de nos enfants.

Comment vis-tu le dernier trimestre de ta grossesse alors que tu dois te battre contre Goliath? 

Ça ne fait qu'une semaine et j'ai l'impression que ça fait des mois!!!! Mais je suis en parfaite santé et ma fille aussi alors je peux me pemettre ce combat. J'ai eu quelques moments difficiles mais en général, j'ai tellement de soutient de tout le monde que ça me donne la force de poursuivre. Et ça me rongerait beaucoup plus de me plier à une décision qui ne me respecte pas.

Reçois-tu un écho favorable de ceux qui s'occupent de ton dossier? 

La commissaire aux plaintes de l'agence en est venue à la conclusion que mes droits n'avaient pas été lésés. Alors je me suis tournée vers le protecteur du citoyen. Et j'ai eu confirmation de leur part que selon la loi, personne ne peut nous obliger à accoucher à un certain endroit, tant qu'on fait un choix sécuritaire évidemment. Donc il semble y avoir de l'espoir...

Quelles sont les étapes à venir pour obtenir le droit de choisir où tu vas donner naissance à ton enfant?

J'attends la décision du protecteur du citoyen en espérant qu'elle sera favorable. Non seulement pour moi mais aussi pour les 13 autres familles. J'espère sincèrement faire renverser la décision. Si ce n'est pas favorable, je vais continuer à parler aux médias et presser les députés et ministres de faire quelque chose.

Est-ce que les autres familles t'appuient dans tes démarches ? 

Seulement deux autres femmes se sont manifestées sur la page Facebook. Évidemment, elles m'appuient et je suis très contente qu'elles se soient présentées.

Finalement, que souhaites-tu pour les familles du Québec?

Je souhaite que toutes les familles puissent faire un choix informé et éclairé pour la naissance de leurs enfants. Outre le fait que trop peu de maison de naissances soient ouvertes au Québec, trop de parents ne savent pas qu'ils ont le choix ou non de suivre les protocoles dans les hôpitaux. Et je souhaite que les femmes reprennent possession de leurs accouchements.

Un énorme merci à tout le monde qui m'a rapidement manifesté son soutien. Il y a une grande solidarité et je trouve ça particulièrement inspirant.

 

Suivez le combat de Pascale sur Facebook, Twitter ou via son blog.

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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