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 L'enfant monstre ou la perception parentale

L'enfant monstre ou la perception parentale

24 janvier 2011

Estimation du temps de lecture: 4 minute(s)

Selon Jean-Jacques Rousseau, l'homme naît naturellement bon, et c'est la société qui le corrompt. L’enfant viendrait donc au monde sans mauvaise intention, sans violence ou haine. Au fur et à mesure qu’il vieillit, il développe des moyens de défense, des souffrances, des acquis qui le pousseront à « mal agir ». On lui donnera alors des étiquettes : « paresseux, manipulateur, agressif, menteur »... Et cela peut commencer très tôt, même avec un bébé !

On entend occasionnellement des parents dire que leur tout-petit les manipule quand il ne fait pas ce qu’ils souhaiteraient ou quand il répète des gestes qu’on lui a pourtant demandé de cesser. Or, les enfants en très bas âge n’ont pas un développement intellectuel suffisant pour utiliser la manipulation intentionnellement. Les tout-petits apprennent d’abord par leurs sens ? donc par ce qu’ils observent, touchent, entendent ? et aussi en comprenant graduellement les liens entre cause et effet. Par exemple, un tout-petit qui lance un jouet en bas de sa chaise haute à répétition est tout simplement en train d’apprivoiser sa texture, les sons qu’il fait en tombant et, aussi, le fait que son parent le ramassera pour le remettre sur sa tablette. Mais c’est davantage une exploration de son environnement qu’un désir malveillant de faire perdre patience à sa maman. Votre enfant grandit, évolue ! « Il fait des petits pas pour comprendre de plus en plus le monde qui l’entoure », explique Solène Bourque, psychoéducatrice.

dreamstimefree_1026644 En vieillissant, il aura développé certains mécanismes de défense. Quand son parent le chicane trop par rapport à ce qu’il est capable de gérer, Samuel éclate de rire. En fait, il se sent très mal, il ne sait plus comment réagir. Pensez aux occasions où vous vous faites sévèrement réprimander. Comment vous sentez-vous ? Il est possible que Samuel ne tente que de redonner le sourire à ses parents en riant, ou qu’il essaie de se sortir de cette situation. N’oubliez pas que Samuel n’est qu’un enfant et qu’il apprend à gérer sa vie, ses réactions et ses sentiments. Pourquoi, alors, l’accuser d’être irrespectueux ?

Au cours de notre vie, au fil des évènements, nous accumulons des souffrances, des blessures. Répondre rapidement et efficacement aux besoins d’un bébé, c’est lui assurer que quelqu’un est là pour lui et qu’il peut lui faire confiance, même dans de tels moments. Les apprentissages ne se font pas dans la douleur et les pleurs. Pensez à ce dont vous avez besoin lorsque vous apprenez quelque chose de majeur. Vous voulez probablement être entouré, recevoir de l’aide quand vous le demandez, et qu’on soit patient lorsque vous commettez des erreurs. Un enfant est continuellement en situation d’apprentissage. Soyons là pour eux à tout moment, répondons à leurs demandes d’aide, lisons entre les lignes, ne les laissons pas seuls. Soyons tolérants et indulgents lorsqu’ils prennent leur temps et qu’ils se trompent.

On ne peut pas éviter toutes les souffrances à notre enfant, mais évitons au moins de leurs indiquer qu’ils doivent se débrouiller seul avec celles-ci.

Retournons dans notre enfance, à toutes les fois où un adulte a émis une opinion sur nous. Fierté, rancoeur, amour, colère : selon ce que l’adulte a affirmé, un sentiment est monté en nous. Créons des sentiments positifs chez les enfants en relevant ce qu’ils ont de bien en eux. Créons des cercles vertueux où les enfants veulent donner le meilleur d’eux-mêmes parce qu’ils s’en croient capables et partagent avec nous leurs plus belles qualités.

Si tous les adultes autour d’un enfant s’entendent pour le trouver agressif, il n’aura plus de raison de se comporter autrement. À quoi bon faire des efforts si tout le monde s’entend pour nous trouver nul ?

Les comportements négatifs des enfants sont le reflet de ce qu’ils vivent à l’intérieur. Il ne s’agit pas d’êtres vilains et monstrueux destinés à pourrir l’existence des gens qui les entourent. À chaque fois que nous souhaitons formuler un commentaire négatif sur un enfant, réfléchissons aux racines de ses agissements, mettez-nous à sa place, pour percevoir les sentiments qui peuvent l’habiter.

Évitons de voir négativement nos enfants, laissons-les être eux-mêmes et exprimer tout le beau qu’ils ont à offrir.

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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