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Encadrer le "lousse"

Encadrer le "lousse"

23 juillet 2010

Estimation du temps de lecture: 5 minute(s)


Il y a des moments comme ça. On est assis, tranquillement, puis on voit voler un premier jouet. Un deuxième suit, et on entend avec des cris, des pleurs. On se dit que des jouets qui volent, c’est assez peu fréquent, et on se décide à aller voir.


Qu’est-ce qu’on fait ? Sur le moment, on lève les yeux au ciel en se disant: « non, mais quoi encore ? » Imaginons une situation optimale. On a dormi la veille, les hormones sont au beau fixe et on a un niveau de stress juste parfait, vous savez, celui qui vous tient alerte sans vous retourner l’estomac ? Celui là.


Dans ces moments là, on se trouve bon. On se place à la hauteur des enfants. On les écoute. On pose des questions ouvertes, qui stimulent la discussion de façon constructive; « comment te sentais-tu ? », « tu aurais pu faire quoi à ce moment ? », « que vois-tu comme conséquence à ton geste sur ton frère ? »... Les enfants collaborent, répondent aux questions.
On retourne s’asseoir tranquillement jusqu’à la prochaine crise.


C’est utopiste ? Oui, surtout les bouts où on est assis tranquillement ! En fait, on peut rarement réunir les conditions idéales pour y arriver. Parfois, ce sont les enfants qui sont au bout du rouleau, parfois, c’est une nuit de sommeil mouvementée, parfois, un appel important de la banque d’un côté et une éraflure de l’autre. On est moins bon soudain. On crie un peu. On somme tout le monde de se taire. On tient un mouchoir sur le genou en sang, le téléphone dans l’autre main, en faisant des gros yeux à l’agresseur, lui indiquant sa chambre d’un mouvement de nez.


Les enfants ne collaborent pas toujours et on se retrouve à répondre soi-même à ses questions. Comment faire pour rendre le quotidien moins chaotique sans passer son temps à crier ?


Pour éviter de gérer tout au cas par cas une famille peut s’asseoir et décider de mettre sur papier une liste, la plus courte possible, de règles de vie.


Par exemple :

  • On touche doucement et on utilise des mots doux (donc, interdiction d’utiliser des gestes et des paroles qui blessent ou dérangent) ;
  • On n’utilise que les objets communs ou nous appartenant. On demande avant d’emprunter ;
  • On écoute les autres, leurs mots et leurs gestes, on prend soin de soi et des autres autour de soi.


Est-ce nécessaire d’écrire « interdiction chanter à tue-tête à sept heures du matin dans le corridor » ? Bien sûr que non. Si vous vous avancez dans ces petits détails, je vous conseille de rédiger votre liste de règles de vie sur du papier peint avant d’en recouvrir le mur.


Mais « chanter à tue-tête à sept heures du matin » peut causer problème. À bien y regarder, on remarque que cela peut contrevenir à notre troisième règle. Chanter à tue-tête lorsque d’autres membres de la famille dorment n’est pas une façon très efficace de prendre soin d’eux. Inutile donc de s’empêtrer dans les détails, des règles générales englobent les autres.


On se demande : ici, maintenant, qu’est-ce qui est réellement important ? Dans le développement des enfants, qu’est-ce qui peut nuire ? Aider ? Jamais je ne me suis levée en me disant : « wow, je mangerais bien un bol de yogourt avec des olives noires à côté ! » Mes enfants, oui. Est-ce que ça peut nuire à leur développement ? Non, en fait, ce sont deux bons aliments. Est-ce que ça contrevient à un règlement ? Non ? D’accord, vous pouvez bien déjeuner avec du yogourt et des olives.


Le quotidien devient déjà moins stressant. Sur papier, ces règles peuvent être mise en évidence... un peu partout. Pour contrer notre vilaine tendance à oublier.
C’est beau, des règles sur papier, mais soyez certains qu’elles ne seront pas suivies en tout temps. À la maison, les enfants sont eux-mêmes, laissent tomber certaines conventions, s’expriment plus facilement. Pensons seulement au gens qui se déboutonnent les pantalons en entrant dans leur maison. C’est la même chose ! Un peu de lousse, ça fait du bien.


N’oubliez pas que l’enfant doit apprendre beaucoup de choses rapidement et que la maison est un havre où il peut se relâcher un peu. Et en se relâchant, il vous permet de l’accompagner dans ses apprentissages, de le guider et de lui montrer que la perfection n’existe pas !

Caroline Mayrand
Mère de deux enfants, je possède une formation d'éducatrice à l'enfance et en administration. Entrepreneur dans l'âme, un projet n'attends pas l'autre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le travail de plusieurs parents: Parentzie. C'est mon oasis, le coeur de mon web. On y parle de la famille comme un tout et comment elle peut se développer de façon harmonieuse dans son environnement. Au plaisir!

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